Expose de Position de L’AFAC 01/2012

EXPOSÉ DE POSITION DE L’AFAC, JANVIER 2012

Enjeu : Acquisition d’un avion CC-177 (C-17) supplémentaire

Contexte :

Le Boeing C-17 Globemaster III (ARC CC-177) porte quatre fois la charge et voyage plus de deux fois plus loin que l’aéronef CC-130J Hercules. Les caractéristiques de sa conception lui donnent la capacité de décoller et d’atterrir sur des pistes courtes et des terrains d’aviation inhospitaliers en transportant de l’équipement de grande dimension, hors gabarit, comme des véhicules blindés, des hélicoptères, des engins de terrassement et du matériel d’intervention en cas de catastrophe. Le CC-117 est un avion stratégique qui a également des capacités tactiques.

En à peine cinq ans, le CC-117 a permis au gouvernement du Canada de répondre à un vaste éventail de missions humanitaires et d’opérations expéditionnaires au Canada et ailleurs dans le monde. Au pays, le soutien annuel de l’Opération NANOOK en Arctique et le réapprovisionnement de la Station de l’ARC Alert sont de parfaits exemples des capacités de cet aéronef. Sur la scène internationale, la mission de secours humanitaire à Haïti, le pont aérien entre le Canada et l’Afghanistan et le transfert rapide d’équipement de soutien à la campagne libyenne prouvent clairement les capacités expéditionnaires uniques de cet aéronef. En fait, ce sont ces attributs qui ont permis au gouvernement d’intervenir en Haïti et en Libye dès les premières heures de ces crises, comme l’a reconnu le premier ministre lui-même.

L’ARC a établi un niveau d’attribution de missions d’environ 80 %, ce qui veut dire, à toutes fins pratiques, que trois de ses quatre aéronefs CC-117 devraient être disponibles en tout temps pour participer à des opérations. Il s’agit d’un niveau de préparation et de disponibilité qui dépasse largement les normes historiques de l’ARC et de la force aérienne alliée.

Exploiter une flotte d’aéronefs relativement petite peut représenter un coût anormalement élevé du cycle de vie si l’ensemble des pièces de rechange, de l’entretien et du soutien ne sont établis que pour cette flotte. Le Canada a évité ce problème avec le CC-177 en se joignant au Programme mondial de soutien (PMS), ce qui permet de répartir certains frais de soutien liés à l’aéronef au prorata parmi l’ensemble des utilisateurs (soit plus de 200 utilisateurs dans le monde entier). Une condition requise du PMS est toutefois que la totalité des aéronefs faisant partie de la flotte mondiale doivent être entretenus et améliorés de manière à respecter une norme commune, exigeant que ces appareils fassent l’objet d’un programme d’ « entretien lourd » environ une fois à tous les cinq ans. Le processus prend environ cinq mois et, étant donné le taux élevé d’utilisation de la flotte de CC-177 du Canada au cours des cinq dernières années, la totalité de nos quatre appareils devront être soumis aux exigences du programme au cours des deux prochaines années. Ce que ce cela veut dire en termes pratiques est que le niveau d’attribution de missions que l’ARC a maintenu dans le passé ne sera pas atteignable au cours des deux prochaines années – et que cette même situation se présentera à tous les quatre à cinq ans par la suite. En d’autres mots, le Canada fera face à des périodes au cours desquelles la disponibilité de mobilité aérienne stratégique sera lourdement restreinte et la capacité des FC à répondre à une situation de crise sera potentiellement compromise.

Dans une certaine mesure, la « pause opérationnelle » que vivent actuellement les Forces canadiennes peut compenser partiellement la pression à court terme sur la flotte de CC-177. Cependant, personne ne peut prédire quand ou où surviendra la prochaine catastrophe pour l’humanité ou crise mondiale, le tremblement de terre récent survenu au large de la côte de la Colombie-Britannique et les hostilités actuelles le long de la frontière turque avec la Syrie servant à nous rappeler clairement du monde incertain dans lequel nous vivons.

La Stratégie pour le Nord du Canada, l’une des priorités essentielles du gouvernement, dépend également fortement de la mobilité aérienne, comme le montre de façon évidente la détermination de la « mobilité stratégique », par le Commandement des opérations interarmées du Canada, comme la deuxième leçon retenue la plus importante à la suite des récents exercices tenus dans le cadre de l’Opération NANOOK en Arctique. Au moment où les FC se placent en position pour mieux répondre au mandat du gouvernement concernant une présence accrue dans cette région extrêmement rude et vaste du territoire souverain du Canada, il faudra nettement accorder une attention particulière à la mobilité aérienne.

Position de l’ARC

La souplesse sans précédent qui existe avec la flotte de CC-177 a donné au gouvernement canadien et aux FC un outil puissant avec lequel ils peuvent réagir aux événements nationaux et internationaux. La population canadienne en est venue, avec raison, à s’attendre que le gouvernement et les FC auront la capacité d’intervenir si une crise survient.

Les principaux alliés, comme la Grande-Bretagne et l’Australie ont choisi, en reconnaissance de la valeur du transport aérien stratégique, de même que face à la possibilité de fermeture de la chaîne de production de C 17 dans un avenir rapproché, d’élargir leurs flottes originales de C-17 de 50 % ou plus : l’ARC compte huit C 17 dans sa flotte et l’Aviation royale australienne (ARA) en compte six. Boeing poursuit ses ventes de C-17 et la société maintient, pour l’instant, la production continue jusqu’à la fin de 2015. Cependant, ce plan de production est provisoire et si le Canada tient vraiment à acquérir la capacité et la souplesse que lui procurerai un aéronef CC-177 supplémentaire, il devra prendre une décision très bientôt.

Un appareil CC-177 de plus permettrait au gouvernement d’éviter ou de réduire considérablement la nécessité de faire appel à des ressources aériennes étrangères à contrat pour appuyer les opérations des FC, donnant ainsi lieu à d’importantes économies annuelles qui pourraient servir à contrebalancer les coûts d’acquisition liés à l’ajout d’un aéronef. Le besoin de faire appel à des ressources aériennes à contrat peut être particulièrement urgent si des demandes imprévues surviennent durant la période d’entretien lourd décrite ci-dessus.

Message :

Un aéronef CC-177 supplémentaire pour le Canada augmenterait le nombre d’aéronefs disponibles pour les missions aériennes d’environ 25 % et permettrait également à l’ARC de répartir leur utilisation sur une plus vaste flotte. Cela donnerait au gouvernement une capacité accrue de réagir aux crises nationales et internationales, d’appuyer sa stratégie évolutive en vue de l’exercice de sa souveraineté sur les terres et les eaux des vastes régions nordiques du Canada et de réduire les coûts liés aux ressources aériennes auxquelles elle fait appel à contrat.

L’Association de la Force aérienne du Canada recommande fortement au gouvernement canadien d’acquérir au moins un avion CC-177 Globemaster III de plus pour l’ARC dans les plus brefs délais possibles.

Document élaboré par : Comité de la défense de la puissance aérienne
Personnes-ressources : Lloyd Campbell
Marc Terreau

Date : 14 janvier 2013